Portrait d'entrepreneuse : Harriet Wadjinny-Green, fondatrice de Bonsaï (partie 2)

Dans la première partie de l'interview, vous avez découvert les engagements et combats d'Harriet contre les discriminations envers les femmes au travail. Vous allez désormais connaître les étapes qui l'ont menée à œuvrer pour l'environnement, au rythme de ses expériences professionnelles, ainsi que les conseils qu'elle aurait à donner à de futures entrepreneuses.

 

Un intérêt croissant pour l'agro-alimentaire et l'environnement

En parallèle de ses études à l’ESSEC, Harriet trouve un travail chez Cojean (chaîne de restauration rapide haut de gamme), par l'intermédiaire de la junior entreprise de l’école de commerce. Elle devient vite actrice de la gestion de la filiale de l’entreprise au Royaume-Uni, et apprécie travailler au sein d’un petit groupe de 30 salariés. L'avantage est qu'elle voit véritablement l'impact de son travail, et qu'elle a un accès direct aux membres décisionnels, ce qui lui permet de donner du poids à ses idées.

Cette expérience professionnelle chez Cojean la fait réfléchir sur comment concilier agro-alimentaire et écologie. En effet, l’entreprise s’est engagée à proposer des emballages recyclables, des produits bio et une grande traçabilité. C'est là qu'elle commence à envisager de nouveaux projets avec Ludovic Rachou, co-fondateur de l’entreprise de chewing-gums énergisants OneGum.

La naissance de Bonsaï

Ludovic et Harriet se connaissent depuis plus de 10 ans. L’un de ses premiers amis à son arrivée à Paris, Ludovic l'a aidée à s'intégrer dans cette ville tourbillonnante. Dès leur rencontre en 2009, il lui parle déjà d'entrepreneuriat et fourmille d'idées. Si Harriet ne se projette pas encore dans cette voie-là, elle bascule quand elle apprend que les chewing-gums contiennent des polymères, c'est-à-dire des particules de plastique.

Grande consommatrice de chewing-gum, elle commence à réfléchir à des alternatives plus écologiques, soulignant le fait que par le passé, les populations utilisaient la sève d'un arbre, le sapotillier, pour la mâcher. Ludovic, alors en plein processus de développement et de commercialisation de confiseries énergisantes pour sportifs, se renseigne et finit par trouver un fournisseur de gomme naturelle. Il propose alors à Harriet de devenir son associée et de travailler avec lui sur ce projet. Bonsaï est né !

Devenir semi-entrepreneuse

Avec le temps, Ludovic commence à réfléchir à de nouveaux projets entrepreneuriaux. Harriet se retrouve dès lors complètement en charge non seulement de Bonsaï, mais également de la gestion opérationnelle de la première entreprise de Ludovic, OneGum.

Harriet se considère ainsi semi-entrepreneuse car elle pilote désormais la start-up mais n'a pas eu à s'occuper des démarches du début comme trouver des fournisseurs de matières premières, ou encore des actionnaires.

Rapidement, elle apprend tout le jargon nécessaire aux entrepreneurs dans l'agro-alimentaire : citons ainsi la DN ou « distribution numérique », soit le pourcentage de magasins où le produit est présent ; le PCB ou « par combien » évoquant le nombre d'unités de produits par colis, etc.

Quelques conseils pour se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat : 

- Pour Harriet, il faut « saisir les opportunités de la vie ». Parfois, des opportunités se présentent à nous sans que l'on y soit à l’origine, ou des rencontres inspirantes peuvent nous faire changer de voie. Il faut être ouvert à toute nouveauté, et ne pas se dire qu’on n'en sera pas capable. Il faut oser et ne pas hésiter à rendre service aux gens sans forcément attendre quelque chose en retour.

- Bien choisir ses actionnaires : s'ils sont de bon conseil et ont de l'expérience dans le domaine, c'est mieux ! Ne pas hésiter à les consulter souvent, ils apprécieront donner des conseils et apporter leur pierre à l'édifice. 

- Il est parfois important de prendre le temps de s'ennuyer. Pendant le confinement, passé le rush des premières semaines, Harriet a fait en sorte de finir son travail plus tôt, et au lieu d'allumer la télé, elle a choisi de ne rien faire. Elle était libre de réfléchir, de faire le vide. Celui lui a fait un bien fou de laisser vagabonder ses pensées. Selon elle, c'est souvent dans ces moments-là que les meilleures idées nous viennent, car on voit les choses d'un œil neuf.

 

Finissons avec une petite anecdote pour souligner un autre aspect de la personnalité d'Harriet : elle est très compétitive. Surtout envers elle-même ! Lorsqu'elle a quelque chose en tête, elle ne le lâche pas. Par exemple, lorsqu'elle s'est remise à la course à pied, elle n'arrêtait pas d'y penser, et était si excitée à l'idée d'aller courir le lendemain qu'elle n'en dormait pas de la nuit !  

Donc croyez en vous, écoutez-vous, et la chance vous sourira !

L’équipe Bonsaï

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