Portrait d'entrepreneuse : Harriet Wadjinny-Green, fondatrice de Bonsaï (partie 1)

Bonjour chers lecteurs !

Aujourd'hui, premier numéro d’une série d’article sur les entrepreneuses ! Et pour commencer, découvrons le profil de Harriet Wadjinny-Green, fondatrice de la marque Bonsaï : de son parcours à sa personnalité, en passant par les conseils qu'elle aurait à vous transmettre pour vous lancer dans la grande aventure de l'entrepreneuriat !

C'est avec chaleur et enthousiasme qu'Harriet a répondu aux questions de notre blogueuse, Annabelle Ploix. Difficile de croire qu'Harriet n'est pas française d'origine tant elle maîtrise à la perfection la langue française ! Si vous souhaitez la voir s'exprimer à l'oral, n'hésitez pas à aller regarder la vidéo de présentation des membres de l'équipe sur notre page Instagram, bonsainaturel !

Du Royaume-Uni à l’ESSEC

D’origine galloise et écossaise, Harriet grandit en Angleterre. A 18 ans, elle part étudier les lettres françaises et anglaises à Londres, à King's College, et choisit ensuite Paris comme destination pour passer son Erasmus... et n'a plus jamais quitté cette ville ! Poursuivant ses études de lettres à la Sorbonne, elle bifurque alors vers une licence et un master d'affaires européennes à l'université Sorbonne Nouvelle.

La jeune diplômée travaille un temps à la direction internationale de GDF Suez. Cela lui permet d'avoir un aperçu du fonctionnement des grandes entreprises et de se familiariser avec le sujet des énergies renouvelables et des enjeux environnementaux. Mais un sentiment de frustration la gagne vite, lié au fait qu'elle voit beaucoup d'améliorations à faire mais qu'elle n'a ni l'autorité ni la position hiérarchique pour les suggérer ou les mettre en place. Ainsi germe son attrait pour de plus petites structures.

En outre, elle remarque dans le cadre de ses expériences professionnelles que ses collègues sont mieux payés qu’elle alors qu’ils effectuent les mêmes tâches – et ce uniquement en raison de leur diplôme ! Avant de s'engager dans une nouvelle voie professionnelle, Harriet décide donc d’ajouter une corde à son arc en intégrant l’ESSEC.

L'oral d’admission lui laisse néanmoins un goût amer. Face une candidate motivée, le jury essaie de la pousser dans ses retranchements et l’interroge notamment sur son âge et son jeune fils, enchaînant remarques et réflexions sexistes qu’il n’aurait sûrement jamais faites à un homme. Avec du recul, Harriet considère aujourd'hui que le mieux à faire devant de telles questions déplacées est de garder son sang-froid, ne pas se laisser déstabiliser, et répondre de manière pédagogique. 

Un management fondé sur ses expériences

Elle lutte aujourd’hui contre les réflexions fondées sur ces clichés. Elle considère en effet qu’avoir des enfants peut permettre aux employés d'être plus productifs : cela peut les aider à apprendre à s'organiser et à relativiser le stress au travail.

Dans son travail quotidien de manager, Harriet aime dès lors à appliquer des méthodes qui la font se démarquer. Elle regrette ainsi que les entreprises considèrent que ceux qui restent plus tard travaillent plus que les autres. Cette pression présentéiste, elle l’a elle-même vécue quand on lui a reproché de quitter son lieu de travail trop tôt, un jour où elle allait chercher ses enfants à l'école. Pourtant, elle s'était organisée en fonction et avait commencé à travailler plus tôt dans la journée pour compenser.

Pour éviter cette pression sociale, Harriet souhaite que ses salariés puissent définir leurs propres horaires, et a imposé un respect strict de la semaine de 35 heures au sein de son entreprise. Elle ne veut pas pénaliser les femmes qui ont des enfants, et veut leur laisser la possibilité d'aller chercher leurs enfants à l'école si elles le souhaitent. L'essentiel est que le travail soit fait, peu importe le nombre d'heures passées au bureau si elles n'apportent rien.

Lutter contre les discriminations faites aux femmes

Harriet lutte activement contre les discriminations faites aux femmes dans le monde du travail. Elle regrette ainsi le fait que la société parte du principe que les femmes s'occupent le plus des enfants. Pour toutes les femmes qui n'ont pas la chance d'avoir une nounou, les mères doivent souvent abandonner leur travail – ou accepter de mettre leur carrière entre parenthèses.

Même s'il est illégal pour un recruteur de demander à une candidate si elle a des enfants ou si elle compte en avoir, beaucoup ne se privent pas, plaçant leurs interlocutrices face à un dilemme : mentir (en risquant qu'on le lui reproche par la suite) ou dire la vérité (et potentiellement se voir refuser le poste).

Bien qu'Harriet n’ait pas toujours eu le courage de tenir tête à ses employeurs, elle estime que c'est pourtant la meilleure chose à faire, et n'hésitera plus à l'avenir. Avec l'âge, la peur de gâcher son réseau et ses opportunités professionnelles s'estompe peu à peu, et la liberté de prise de parole apparaît comme plus importante. 

Challenger ouvertement les comportements 

Comme bon nombre de femmes, Harriet a fait face à de nombreuses remarques sexistes durant sa carrière, à l’instar de : « Heureusement que tu as déjà deux enfants, ça veut dire que tu ne vas pas nous en faire un autre dès ton embauche ». Face à cela, elle pense que si le père disposait d’un congé paternité obligatoire et pouvait s'occuper de l'enfant dès le début, il y aurait moins d'inégalités.

Autre cliché : « Plus les femmes sont belles, plus elles sont chiantes... et toi t'es vraiment très belle ». Il est navrant de voir à quel point les hommes font en général moins confiance aux femmes dans le milieu du travail, et les réduisent à leur apparence physique.

Selon Harriet, « il faut challenger ce genre de comportement ouvertement, même si tu passes pour une emmerdeuse ». En effet, si tout le monde se tait, les mentalités ne changeront jamais. Elle prend ainsi à cœur d'éduquer ses fils sur ces questions-là. Son aîné rentre parfois de l'école avec des réflexions sexistes qu'il a entendues de ses camarades, il est donc important de les rectifier et faire en sorte qu'il ne les intègre pas dans son mode de pensée.

 

Retrouvez la suite de cet entretien dans quelques jours sur notre blog…

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